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Une deuxième vague de changement dans le monde du divertissement

Certains grands médias gagnent du terrain : en créant leur propre contenu, ils tentent de remplacer leurs partenaires. Comment réagiront les consommateurs ?

Quelques grandes entreprises médiatiques se sont fait connaître et ont fait fortune en perturbant une partie des marchés qu’ils ont intégrés. En devenant l’unique intermédiaire entre les studios de cinéma et le public, Netflix a anéanti les Blockbuster et autres clubs vidéo.

Le téléchargement de musique en général, de Napster à Apple, a complètement remplacé les magasins de disques en acheminant directement la musique aux mélomanes. Spotify a fait la même chose avec son service mensuel de diffusion en continu à prix fixe, remplaçant les achats numériques et les téléchargements.  

Au cours des dernières années, Netflix, puis Amazon, Google et maintenant Apple (qui vient de signer Oprah) se sont mis à produire leur propre contenu, remontant ainsi dans la chaîne d’approvisionnement et bouleversant les studios de cinéma et les réseaux de télévision en les rendant partiellement inutiles. C’est maintenant au tour de Spotify de surfer sur cette deuxième vague de bouleversement en faisant directement affaire avec les artistes : « L’entreprise ne contrôlera pas les droits d’auteur, ni ne “signera” d’artistes, comme le font les maisons de disque ; à la place, elle permettra de diffuser la musique d’artistes possédant leurs droits. » La difficulté est dans la recherche d’un équilibre permettant de générer de nouveaux revenus sans trop nuire aux maisons de disque. Entretemps, Disney joue le jeu inverse en lançant son propre service de diffusion en continu qui deviendra le lieu de diffusion unique de toutes ses marques et franchises.

Chacune de ces entreprises (Spotify, peut-être à un degré moindre) ne fait pas que concurrencer de nouveaux joueurs, mais transforme radicalement la nature de ses activités commerciales. Netflix s’est démarquée dans la production de contenu ; les autres commencent tout juste ou impressionnent moins jusqu’à maintenant. Comment Disney s’en tirera-t-elle avec l’aspect technique de son service de diffusion ? Et surtout, alors que la première vague de bouleversement était en grande partie causée par l’évolution de la technologie (diffusion traditionnelle contre Internet), celle-ci concernera davantage les marques, les producteurs de contenu, les plateformes, et les gros noms que celles-ci attireront. Les consommateurs — nous le savons maintenant — sont prêts à payer pour un service de diffusion en continu, mais qu’arrivera-t-il lorsque des murs plus hauts seront érigés, quand une partie de leurs vedettes, marques et franchises préférées se retrouveront dans deux ou trois services différents ? Passeront-ils de l’un à l’autre ? Payeront-ils pour les deux ? Chose certaine, il sera fascinant d’observer la lutte de leurs allégeances.

Auteur

CloudRaker

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