Le bitcoin est une monnaie basée sur les chaines de blocs (blockchain). Cette technologie permet aux développeurs de créer des « blocs » uniques, vérifiables et inaltérables, de les lier (d’où la notion de chaine) et de garder la trace de chaque transaction effectuée sur cette chaine. C’est en quelque sorte un immense registre numérique partagé. 

Les partisans de cette technologie explorent une foule de débouchés potentiels. Ils s’intéressent particulièrement aux éléments numériques qui pourraient devenir uniques (en théorie, les fichiers numériques peuvent être dupliqués à l’infini sans subir de pertes) ainsi qu’aux éléments physiques qui pourraient être associés à un bloc, permettant ainsi un suivi numérique.

Cette avenue est souvent présentée comme la réponse à une foule d’enjeux liés au suivi des produits : conteneurs expédiés à travers le monde, pièces automobiles ou tout autre « objet » de valeur qui passe d’une entreprise à l’autre de manière inefficace, en une foule d’étapes et en traversant les frontières. L’explication qui suit — à propos des chaines de blocs privées et des chaines d’approvisionnement — donne un bon aperçu de l’état actuel du système:  

« Peu ou pas d’automatisation, aucun système de communication directe advenant une catastrophe, pas de monitorage pendant le transport, des systèmes conçus il y a plus de cent ans… Il y a là un urgent problème de sécurité publique. »  

Une vision plus poussée de la chaine d’approvisionnement a la cote en ce moment.  Elle consiste à suivre la provenance de produits plus « naturels » : une boite de mangues, un poulet élevé en liberté sans antibiotiques, un écheveau de laine de cachemire provenant d’un producteur spécifique, un sac de grains de café biologiques et équitables destiné à un torréfacteur spécialisé, etc. Grâce à cette traçabilité, le consommateur peut connaître la provenance exacte d’un produit et savoir comment il a été fabriqué, expédié, etc.

La technologie des chaines de blocs est peut-être la bonne solution pour améliorer votre chaine d’approvisionnement (ou pour tout autre projet). Mais avant tout, vérifiez si le processus est déjà numérisé. La plupart des approches actuelles s’intéressent à des systèmes sous-optimisés et analogiques. Or, la plus-value d’une transition vers les chaines de bloc dépend de la nécessité ou non de tout numériser : contrats, bordereaux d’expédition, contrôles douaniers, etc.  Il faut ensuite attribuer un identifiant unique à chaque élément, puis rendre le tout traçable. En théorie, la chaine de blocs est une avenue prometteuse. Mais songez à l’ampleur de la tâche s’il s’agit d’un projet d’envergure dont toutes les étapes doivent d’abord être numérisées. Est-ce toujours aussi simple?